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Multi family office : définition, rôle et à partir de quel patrimoine

Par , cofondateur de PLT Family Office.
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L'essentiel. Un multi family office met au service de plusieurs familles l'équipe d'experts d'un family office (investissements, fiscalité, droit patrimonial, transmission) en mutualisant son coût. Il s'adresse aux patrimoines d'environ 1 à 30 M€ : en dessous, un conseil classique suffit ; au-delà, un single family office dédié, qui coûte 500 000 à 800 000 € par an, devient rentable.

À partir d'un certain niveau de patrimoine, la gestion standard ne suffit plus. Les enjeux changent de nature : concentration d'actifs, fiscalité sur plusieurs niveaux, opportunités non cotées, structuration, transmission, gouvernance familiale. Pourtant, beaucoup de familles continuent d'être accompagnées avec les mêmes outils que pour un patrimoine dix fois plus modeste : un portefeuille générique, une allocation toute faite, des produits maison.

Le multi family office est la réponse à ce décalage. Pour comprendre son rôle, il faut d'abord revenir à son ancêtre, le family office.

Le family office, une idée vieille de plusieurs siècles

Confier la gestion d'un patrimoine familial à une structure dédiée n'a rien de nouveau. Les grandes familles aristocratiques européennes s'entouraient déjà d'intendants chargés de superviser leurs terres, leurs revenus et leurs alliances. Au XVe siècle, les Médicis administraient leurs affaires à travers un réseau d'hommes de confiance, de comptables et de conseillers, comme on piloterait aujourd'hui un conglomérat.

Le family office prend sa forme moderne au XIXe siècle, avec les fortunes industrielles de l'acier, du pétrole et des chemins de fer. Leur ampleur pose une question inédite : comment protéger, structurer et transmettre une richesse considérable sur plusieurs générations ? John D. Rockefeller fonde en 1882 ce que l'on considère comme le premier single family office moderne. Son idée : ne plus dépendre de conseillers extérieurs aux intérêts parfois divergents, mais disposer d'une équipe entièrement dédiée à la famille. Cette structure existe toujours, plus de 140 ans plus tard, sous le nom de Rockefeller Capital Management.

D'autres dynasties ont suivi, aux États-Unis comme en Europe : Rothschild, Agnelli (avec la holding Exor), et plus récemment Arnault.

Pourquoi les family offices obtiennent de meilleurs résultats

On compte aujourd'hui plus de 10 000 family offices dans le monde. Selon le Global Family Office Report d'UBS, ils ont régulièrement fait mieux que le S&P 500 sur la dernière décennie. Trois raisons l'expliquent :

  • L'horizon long. Un family office gère un patrimoine sur 20, 30 ou 50 ans. Il n'a pas à justifier une performance trimestrielle, et prend donc de meilleures décisions.
  • L'accès aux meilleurs gérants. Notamment en private equity, où l'écart entre les fonds médians et les fonds du premier quartile est considérable.
  • La vision d'ensemble. Les placements, la fiscalité, la structure juridique et la transmission sont pensés ensemble, et non produit par produit.

Ce que coûte un single family office

Un single family office est entièrement dédié à une seule famille. Il faut donc recruter et rémunérer en interne une équipe pluridisciplinaire :

  • un directeur des investissements, qui pilote l'allocation et sélectionne les gérants ;
  • un fiscaliste, pour optimiser la charge fiscale sur toutes les juridictions concernées ;
  • un juriste en droit patrimonial, pour les structures de détention, les pactes familiaux et la transmission ;
  • un directeur financier ou comptable, pour le reporting, la consolidation et la trésorerie ;
  • souvent des analystes pour sourcer les opportunités, et parfois des stratèges pour accompagner la cession ou la transmission de l'entreprise familiale.

S'y ajoutent les locaux, les outils de reporting, les bases de données financières, les assurances professionnelles et la conformité réglementaire. Au total, un single family office coûte entre 500 000 et 800 000 € par an.

D'où le consensus de la profession : le seuil de pertinence se situe autour de 30 millions d'euros d'actifs. En dessous, les frais fixes peuvent représenter 2 à 3 % du patrimoine chaque année, ce qui efface une grande partie de la valeur ajoutée.

Entre 1 et 30 millions d'euros : le no man's land

En dessous d'un million d'euros, les conseils classiques de finances personnelles fonctionnent bien : épargne, enveloppes fiscales, préparation de la retraite, donations simples tous les 15 ans.

Au-delà de 30 millions, une famille peut s'offrir son propre family office.

Entre les deux, beaucoup de patrimoines se retrouvent dans une zone grise : trop importants pour l'offre grand public, trop petits pour un family office dédié. On leur propose des investissements alternatifs et des montages fiscaux, mais personne ne leur donne de cadre pour évaluer l'ensemble de façon cohérente. Les conseillers traditionnels proposent leurs produits phares sans tenir compte d'une réalité qui mêle souvent finance, fiscalité, transmission, entreprise et parfois projet d'expatriation.

Rémi de Truchis de Varennes et Christophe Faglin ont consacré un épisode de la chaîne Parlons Long Terme à cette zone grise : Entre 1M€ et 30M€ le Multi Family Office fait-il sens ? reprend le coût d'un family office dédié, le principe de mutualisation et la question de la rémunération.

Le principe du multi family office : mutualiser l'expertise

Le multi family office résout cette équation. Au lieu qu'une famille supporte seule le coût d'une équipe complète, plusieurs familles partagent l'accès aux mêmes expertises. Les professionnels ont le même calibre et les mêmes exigences, mais leur coût est réparti entre plusieurs patrimoines.

Un multi family office réunit ainsi les savoir-faire d'un single family office :

  • gestion des investissements et allocation d'actifs ;
  • ingénierie fiscale et juridique ;
  • structuration patrimoniale et choix des véhicules de détention (holding, SCI, assurance-vie, contrat luxembourgeois) ;
  • planification successorale et transmission entre générations ;
  • coordination des intervenants extérieurs : banquiers, notaires, avocats, experts-comptables.

Un vrai multi family office ne se limite pas aux placements. Il accompagne aussi une famille sur une expatriation, la cession ou le développement d'une entreprise, la mise en place d'une gouvernance familiale quand plusieurs générations sont impliquées, ou la gestion d'actifs atypiques comme de l'immobilier à l'étranger ou des participations non cotées.

Raisonner en système, pas en produits

La différence la plus profonde tient à la méthode. La plupart des investisseurs commencent par la question : « Dans quoi vais-je placer ? ». Les grandes familles font l'inverse. Avant de parler de placements, elles posent les fondations :

  1. Le pourquoi. Ce que ce patrimoine doit permettre : liberté, transmission, projet entrepreneurial.
  2. Les contraintes réelles. Tolérance à la perte, besoins de liquidité, capacité à immobiliser du capital.
  3. L'horizon, y compris entre générations. Capitaliser pour soi et transmettre n'appellent pas la même architecture.

Ce n'est qu'ensuite que l'on assemble les briques, chacune avec un rôle précis : une poche de rendement pour la croissance à long terme, une poche de protection contre les chocs, une poche d'optionalité pour saisir une opportunité asymétrique quand elle se présente. L'ingénierie fiscale et le choix des véhicules de détention viennent encadrer l'ensemble, en fonction de la situation actuelle et future de la famille, et non de ce que le conseiller a l'habitude de vendre.

Au lieu d'empiler des placements, on construit une architecture cohérente. Au lieu de dépendre d'un interlocuteur unique à la vision partielle, on coordonne des experts autour d'un cadre clair. C'est aussi la démarche qui guide l'allocation des grandes fortunes.

L'effet volume : des conditions que l'on n'obtient pas seul

Un multi family office négocie pour l'ensemble de ses familles. Sur certains leviers, cette taille collective change la donne, notamment :

Comment est rémunéré un multi family office

La question revient toujours, et elle est légitime. Deux modèles coexistent : l'honoraire fixe, qui garantit l'indépendance du conseil, et les frais de gestion classiques. Chez PLT Family Office, le client choisit son modèle, sans frais cachés ni rétrocession opaque. Nous détaillons les avantages de chacun dans notre article family office ou banque privée.

En résumé

  • Un single family office coûte 500 000 à 800 000 € par an et ne se justifie qu'autour de 30 M€ d'actifs.
  • Entre 1 et 30 M€, le multi family office donne accès au même niveau d'expertise en mutualisant les coûts.
  • Sa valeur tient moins aux produits qu'à la méthode : partir des objectifs de la famille, puis construire une architecture cohérente.

PLT Family Office est un multi family office basé à Paris, accessible à partir de 300 000 € de patrimoine, sur candidature.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un multi family office ?

C'est une structure indépendante qui accompagne plusieurs familles sur l'ensemble de leur patrimoine : investissements, fiscalité, structuration juridique, transmission et coordination des notaires, avocats et banquiers. Les familles partagent le coût de l'équipe d'experts.

À partir de quel patrimoine faire appel à un multi family office ?

Il devient pertinent dès que les enjeux se complexifient, en général à partir d'un million d'euros. PLT Family Office est accessible dès 300 000 € de patrimoine, sur candidature.

Combien coûte un single family office ?

Entre 500 000 et 800 000 € par an. C'est pourquoi la profession situe son seuil de pertinence autour de 30 millions d'euros d'actifs.

Quelle différence entre family office et multi family office ?

Un single family office est dédié à une seule famille, qui en supporte seule le coût. Un multi family office offre le même niveau d'expertise à plusieurs familles et répartit les coûts entre elles.

Sources

  • UBS, Global Family Office Report (rapport annuel)
  • Rockefeller Capital Management, historique du family office fondé en 1882

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À propos de l'auteur

Rémi de Truchis de Varennes est investisseur et entrepreneur, cofondateur et actionnaire de PLT Family Office. Cofondateur de Coding Capital, un groupe de logiciels dédiés à l'investissement, et d'IPO Arena, il est chroniqueur sur BFM Business et auteur de Surperformez en bourse avec les small caps. Les conseils aux familles sont délivrés par Christophe Faglin et Sébastien Valton, conseillers en investissements financiers. Voir sa page auteur.

Contenu à visée pédagogique, ne constituant pas un conseil en investissement.

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