L'essentiel. Le private equity consiste à investir dans des entreprises non cotées. Il représente environ un quart du patrimoine des grandes fortunes, contre 2 à 5 % chez les particuliers français. Sur vingt ans, les fonds médians de croissance ont rapporté environ 13 % par an et ceux du premier quartile plus de 20 %. Un particulier y accède via des fonds de fonds ou un contrat d'assurance-vie luxembourgeois.
Le private equity, ou capital-investissement, consiste à investir dans des entreprises non cotées : jeunes sociétés en forte croissance, entreprises rentables qui veulent accélérer, opérations de reprise. Chez les particuliers français, il pèse entre 2 et 5 % du patrimoine. Chez les grandes fortunes, le private equity et la dette privée représentent environ un quart des actifs.
Cet écart n'est pas un hasard : c'est l'un des domaines où un multi family office apporte le plus.
La classe d'actifs la plus rentable des vingt dernières années
Sur vingt ans, la performance médiane des fonds de private equity de croissance tourne autour de 13 % par an, nette de frais de gestion. Celle des fonds du premier quartile, les 25 % meilleurs, dépasse 20 % par an.
Deux enseignements en découlent :
- la classe d'actifs dans son ensemble a largement rémunéré l'immobilisation du capital ;
- l'écart entre les gérants est énorme, bien plus que sur les actions cotées. Choisir le bon fonds compte autant que choisir d'investir.
Le private equity a aussi souvent montré de la résilience lors des crises (bulle internet, crise financière, Covid, guerre en Ukraine), des années où les marchés cotés souffraient. C'est un vrai facteur de diversification.
Pourquoi le private equity reste fermé aux particuliers
Trois obstacles expliquent sa faible place dans les patrimoines privés.
Les tickets d'entrée. Les meilleurs gérants mondiaux, comme KKR, ouvrent leurs fonds à des institutionnels avec des tickets de plusieurs dizaines, voire centaines de millions d'euros.
Les enveloppes. La plupart des contrats d'assurance-vie français ne proposent que très peu de fonds de private equity, et rarement les meilleurs.
Le tri. L'univers est immense : fonds de croissance, de LBO, de reprise, de dette privée, clubs de deals. Beaucoup de clubs d'investissement récents se comparent aux meilleurs incubateurs mondiaux sans en avoir les résultats.
Comment y accéder intelligemment
Les fonds de fonds. Ils regroupent les capitaux de nombreux investisseurs pour accéder aux meilleurs gérants avec des tickets raisonnables, tout en diversifiant entre plusieurs fonds et millésimes.
Le contrat d'assurance-vie luxembourgeois. Il permet d'intégrer, sous conditions, une large gamme de fonds de private equity. Avantage supplémentaire : le private equity y bénéficie du cadre fiscal de l'assurance-vie, et le contrat peut servir de garantie pour un crédit lombard. Voir notre guide du contrat luxembourgeois. Les mécanismes qui ouvrent ces fonds aux particuliers sont aussi décortiqués dans Assurance-vie luxembourgeoise : La Faille Légale que 99% des investisseurs oublient, un épisode de Parlons Long Terme.
Le crédit lombard. Une stratégie consiste à nantir un portefeuille prudent (obligations) pour emprunter et investir une partie du crédit en private equity. On obtient une capacité d'investissement supérieure à celle qu'offrirait le nantissement d'actifs risqués.
Comment juger un fonds
Avant d'investir, posez systématiquement ces questions :
- Dans quel quartile se situent les fonds précédents de ce gérant ?
- Quels sont les frais totaux, y compris la commission de performance (carried interest) ?
- Quelle est la durée d'immobilisation, et existe-t-il une liquidité intermédiaire ?
- Le fonds est-il proposé parce qu'il est bon, ou parce qu'il est maison ?
Un conseiller indépendant peut mettre les gérants en concurrence. C'est l'un des principaux arguments d'un multi family office face à une banque privée.
Et la transmission ?
Les parts de fonds de private equity et les participations non cotées suivent les mêmes règles que les autres actifs : abattements, démembrement, donation-partage. La question à se poser est surtout celle de l'enveloppe. Investir en direct ou via une assurance-vie luxembourgeoise ? La réponse dépend de votre âge, de votre tranche de droits de succession et des frais du contrat, comparés aux droits économisés. Si vous détenez du private equity et que votre conseiller n'a jamais abordé ce point, c'est un signal d'alerte.
Quelle part lui donner ?
Le private equity immobilise le capital pendant plusieurs années. Sa place dépend donc de votre horizon et de vos besoins de liquidité. Plus vous avez de temps devant vous et plus vous acceptez le risque, plus il peut peser lourd. À titre d'exemple, l'allocation personnelle de Christophe Faglin compte environ 20 % de private equity et d'actifs privés, une part qu'il souhaite renforcer. Le cofondateur de PLT Family Office et Rémi de Truchis de Varennes expliquent comment le private equity s'articule avec les autres classes d'actifs dans 1M€ à 10M€ de patrimoine : l'allocation intelligente pour 2026.

En résumé
- Le private equity représente environ un quart du patrimoine des grandes fortunes, contre 2 à 5 % chez les particuliers.
- Fonds médians autour de 13 % par an sur vingt ans, premier quartile au-delà de 20 % : la sélection est décisive.
- Fonds de fonds, assurance-vie luxembourgeoise et crédit lombard permettent d'y accéder avec des tickets raisonnables.
- Demandez à votre conseiller pourquoi vous n'en avez pas, et dans quel quartile se situent les fonds proposés.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le private equity ?
C'est l'investissement dans des entreprises non cotées en bourse, via des fonds spécialisés : capital-risque, capital-développement, LBO, reprise, dette privée.
Quel est le rendement du private equity ?
Sur vingt ans, environ 13 % par an nets de frais de gestion pour les fonds médians de croissance, et plus de 20 % pour le premier quartile. Les écarts entre gérants sont très importants.
Comment un particulier peut-il investir en private equity ?
Via des fonds de fonds accessibles avec des tickets raisonnables, ou en logeant des fonds de private equity dans un contrat d'assurance-vie luxembourgeois.
Quelle part du patrimoine consacrer au private equity ?
Elle dépend de l'horizon et des besoins de liquidité. Chez les grandes fortunes, private equity et dette privée pèsent environ un quart du patrimoine.
Sources
- UBS, Global Family Office Report
- France Invest, études annuelles de performance du capital-investissement
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À propos de l'auteur
Sébastien Valton est cofondateur de PLT Family Office et conseiller en investissements financiers (CIF). Référent en stratégie de portefeuille et spécialiste de l'analyse fondamentale, il pilote les recommandations en stock picking small cap value et l'étude des portefeuilles en titres vifs. Voir sa page auteur.
Contenu à visée pédagogique, ne constituant pas un conseil en investissement. Le private equity présente un risque de perte en capital et une liquidité réduite.
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